vendredi 14 septembre 2012

Trois regards documentaires inhabituels et troublants sur le phénomène de l'homosexualité :



Cet été j'ai visionné 10 documentaires dont trois portaient sur l'homosexualité. Je vais vous parler de chacun de ces documentaires mais comme il y en avait trois sur le même sujet, je les traite ensemble car ils constituent une trilogie incontournable.



A) Homosexualité, foi et sens de la vie :


Dans Questionniong Faith (2002) Macky Alston est un séminariste homosexuel qui complète un diplôme d'études supérieures en théologie et travaille comme aumônier dans un hôpital. Un ami étudiant meurt du sida, et provoque une remise en question de la foi de Macky. Son professeurs de théologie, le Dr James Cone, se demande comment ses élèves peuvent développer une théologie qui est crédible face de 16 millions de morts du SIDA et pose la question à ses étudiants «Quel genre de sermon allez-vous prononcer? " à la mort d'un sidatique.

Le documentaire porte sur la recherche de sens face à la mort. Il relate la démarche de Macky qui questionne les différentes approches qui vont de l'Athéisme au Judaïsme, du Christianisme au Bouddhisme.

Le cinéaste Macky Alston est aussi un cinéaste membre du conseil de la Hartley Film Foundation, Dans ce film il a tenté de «traquer le sacré dans la vie quotidienne» passant au crible de nombreuses heures de séquences sur la recherche de la vérité et du sens de la vie. Il dit «j'explore comment les gens concilient la foi avec la souffrance et, dans le cours du film, je suis témoin de la puissance héroïque des gens qui choisissent la vie en face de la mort...»

Lien : http://www.docurama.com/docurama/questioning-faith/



B) Homophobie :

Fall from Grace (2007) est un documentaire de K. Ryan Jones portant sur une année passée avec la famille du pasteur activiste homophobe Fred Phelps, membre de la congrégation de l'église baptiste de Westboro au Kansas.

Le film illustre, les piquets de grève, les manifestations, ainsi que les événements médiatiques organisés autour du slogan "God Hates Fags".
Ce documentaire propose un regard décapant sur le mélange incendiaire entre une théologie du bien et du mal et un fanatisme militant portant sur le rejet des homosexuels.

On comprend ainsi comment Fred Phelps en arrive à donner des assises «religieuses» à sa haine et sa peur des homosexuels, allant jusqu'à qualifier l'armée des États-Unis de cellule informelle du lobby homosexuel.

On peut aussi témoigner de la façon dont le Pasteur Phelps entraîne toute sa famille dans une haine irrationnelle des gays qui prend ses racines dans une peur maladive qui s'appuie sur une grille d'analyse issue d'un décodage psychotique de la réalité sociétale.

Lien : http://youtu.be/u-xx6bqq8_E



C) Homosexualité cachée et bisexualité :

On the Downlow (2007) est un documentaire qui part d'une expression qui veut dire « Men who identify as hetero but have sex with men secretly» en slang américain.

Ce film lève le voile sur une bisexualité non avouée touchant une certaine partie de la communauté noire des États-Unis. Au risque de se faire qualifier de raciste Abigail Child traite avec efficacité et réalisme d'un sujet tabou touchant l'inconfort de certains noirs face à la possibilité de se faire identifier en tant qu'homosexuels alors que la pression du milieu est immense pour imposer un modèle de masculinité hétérosexuelle dominante.

Ce documentaire porte sur le mensonge sexuel et sur une culture du non dit invitant de jeunes noirs à vivre une double-vie sexuelle mettant à risque leurs partenaires hétérosexuelles.

On the Downlow nous permet ainsi de comprendre comment le port du pantalon sous la taille laissant paraître le sous vêtement des prisonniers américains disponibles pour des rencontres sexuelles opportunistes n'est qu'un phénomène qui étant devenue une mode, sous tend une autre réalité plus inquiétante et beaucoup plus larvée.

Lien : http://youtu.be/QPYr4K1YAnc

vendredi 5 août 2011

Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école.

Observatoire International de la Violence à l'Ecole

Répression de l'orientation homosexuelle et bisexuelle au quotidien

Dans les pays industrialisés, la répression de l'homosexualité et de la bisexualité
s'effectue à l'aide du harcèlement moral. Peu de personnes profondément certaines de leur orientation sexuelle font partie des homophobes.
En fait, un homme épanoui et certain de son attirance auprès des femmes
porte peu d'attention aux homosexuels qui ne constituent pas pour lui des concurrents potentiels. Il affichera une attitude courtoise et agira
envers eux comme il agit envers n'importe quel autre citoyen. Il
faut donc prendre conscience que les homophobes font partie d'une
catégorie à part.

Comme nous l'avons vu des études démontrent que les hommes sont
plus tenus de respecter les stéréotypes sexuels que les femmes et que
violer les stéréotypes sexuels amène une condamnation sociale et des conséquences psychologiques plus sévères pour les jeunes hommes que pour les jeunes femmes.

La répression de l'homosexualité se manifeste particulièrement lors de l'enfance et l'adolescence alors que des candidats (non profondément certains
de leurs orientation sexuelle) exercent une pression sur ceux qui font
peur (concernant la sexualité) ou qui risquent de les "entraîner"
sur une voie qu'ils appréhendent et tentent d'éviter. Ainsi, les jeunes
hommes plus féminins, plus chétifs, moins sportifs sont plus souvent
victimes de railleries, de dénigrement, de violence, d'exclusion et de
taxage.



Bell et Weinberg (1978), rapportent un taux de 35% de répondants homosexuels ayant tenté de se suicider. Ils estiment que les jeunes
hommes homosexuels sont, à l'âge de 20 ans, 13 fois plus susceptibles
que les hommes d'orientation hétérosexuelle de commettre un acte
suicidaire. Bagley et Tremblay, (1997) montrent que les jeunes hommes homosexuels et bisexuels comptent pour 62,5 % des jeunes hommes
ayant tenté de se suicider, alors que la population d'orientation
homosexuelle ou bisexuelle ne représente que 12,7 % du total.
Ils en concluent que les jeunes hommes d'orientation homosexuelle
ou bisexuelle de 18 à 27 ans sont presque 14 fois plus à risque de
tenter de se suicider que les jeunes hommes d'orientation hétérosexuelle.
Gary Remafedi (1998) arrive à des résultats similaires : les jeunes
hommes de 13 à 18 ans qui se déclarent ouvertement homosexuels
ou bisexuels rapportent sept fois plus souvent avoir fait des tentatives
de suicide qu'un groupe témoin composé de jeunes hommes
hétérosexuels présentant le même profil sociodémographique.
28 % des répondants homosexuels ou bisexuels de cette étude
rapportaient avoir fait une tentative de suicide. Une récente
enquête du magazine gai québécois RG montre que 44 % des
125 répondants ont songé au suicide et que 26 % rapportent
avoir déjà tenté de s'enlever la vie.

La répression effectuée par des personnes à orientation
bisexuelle ou homosexuelle envers les homosexuels :

La répression active envers les homosexuels peut servir de
couverture à des activités bisexuelles ou homosexuelles cachées
ou à des comportements refoulés. Comme nous l'avons déjà
exprimé, un homme épanoui dans sa sexualité a peu de
tendance à l'afficher, l'imposer, la magnifier et s'offrir en
spectacle verbal à tous les jours : il se contente de la vivre
et en est satisfait. Il n'est plus rare de découvrir qu'un homme stéréotypiquement macho affichant des comportement masculins
outranciers et une homophobie très ouverte et quotidienne
tente ainsi de dissiper tout soupçon sur sa propre orientation sexuelle
secrète en tentant constamment de faire la preuve par l'inverse. Il faut
ainsi se méfier des homophobes viscéraux qui mettent tant d'art
à nous convaincre qu'ils sont à mille lieux de toute homosexualité.
Une telle énergie déployée quotidiennement risque de cacher
une toute autre réalité.

Le cas de Georges :

Georges, un homme marié et père de trois enfants possède
une carrure paléolithique. Sportif et adepte du plein air
c'est un bout en train. Au travail comme à la maison
il démontre des allures masculines très accentuées tant en
paroles que dans les gestes. Il ne manque jamais
l'occasion de siffler au passage d'une belle femme
et s'exclame à chaque apparition d'une femme à la
télévision. Il ne cesse d'effectuer des blagues homophobes
et se moque de tous les hommes délicats ou aux allures
plus féminines. Il ne craint pas de qualifier, dénoncer, intimider
tous ceux qu'il perçoit potentiellement homosexuels et pour
ce cas, on dirait qu'il possède un second sens. Il dévore
les pages sportives du journal et s'abonne à une revue de type
"playboy". C'est un amateur de lutte et de boxe. Trois
semaines par année il se retrouve exclusivement entre
hommes (deux semaines de chasse à l'automne et une
semaine de pêche durant l'été). Il exprime très bien son besoin
de se retrouver en pleine nature, loin de la civilisation
pour refaire son énergie. Son épouse sent bien
que l'accompagner lors de ces défoulements dans la nature
serait impossible et qu'elle ferait face à un refus catégorique
de sa part. Elle respecte donc les besoins de son homme.
De plus elle est sans inquiétude de le voir partir chaque
année avec Gilbert, un homme très masculin, père de quatres
enfants et un ami de Georges depuis l'enfance. Ils sont
tellement semblables qu'on dirait deux frères.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
jusqu'au jour où un ami de bureau va rejoindre
Georges pour une visite à l'improviste au camp de
chasse. À son retour il a contacté l'épouse de Georges
pour lui faire part de son inquiétude face à des
comportements "étranges" constatés entre Georges et
Gilbert. Il n'est demeuré que deux jours mais il
semble bouleversé, indécis et met en garde l'épouse
de Georges de jeter un oeil plus attentif au comportement
de son homme.

Au retour de Georges, son épouse lui demande ce qui
se passe entre lui et Gilbert. Georges esquive d'abord
les questions et finira par avouer qu'il s'amuse avec Gilbert
("mais rien de conséquent... juste des jeux entre gars
pour se faire un peu de plaisir"... "Il ne faut pas croire
tout ce qu'André te dira...".) L'univers de l'épouse de
Georges s'écroule en apprenant que son mari a en fait
un comportement bisexuel ; et ce depuis des années.

Analysons maintenant de plus près la liste
des victimes psychologiques de Georges :

Plusieurs copains de classe qu'il humiliait et molestait.
Un beau frère qui faisait les frais de ses soupçons, de ses remarques répétées et de ses blagues les plus savoureuses.
Un cadre au bureau harcelé jusqu'au burnout et qui fut muté dans un autre département face au rejet du groupe en partie orchestré par Georges.
Un voisin homosexuel qu'il invective de temps en temps
Son épouse trompée
Son fils adolescent qu'il critique et infantilise.

On n'a jamais effectué le décompte exacte des victimes de Georges
mais son homophobie viscérale possédait de profondes racines
liées à des mécanismes psychologiques de survie et d'évitement
car dans les faits, Georges a toute sa vie, été incapable de faire
face à lui-même. Dans la tête de son épouse tout se bouscule :
qu'admirait-il chez ses boxeurs et ses lutteurs favoris, qu'est-ce
qui attirait Georges dans les pages sportives du journal, pourquoi
sifflait-il les femmes en dépit du malaise qu'elle lui avait verbalisé
lorsque Georges affichait un tel comportement? Qu'avait-il a
trouver et dénicher des manques constants de virilité chez son
fils (comme si il s'attendait à ce que son fils soit homosexuel).
En fait, toute sa vie Georges a maltraité d'autres hommes
pour un problème qui était le sien. Pour son incapacité
à comprendre, à accepter et à maîtriser certaines de ses
pulsions sexuelles.

Malheureusement Georges n'est pas seul. On est même allé
jusqu'à constater d'étranges accidents de chasse lorsque
des hommes se retrouvaient piégés dans des invitations
à la chasse qui tournaient au vinaigre : ici un neveu
de 24 ans décédé étrangement, là un confrère chasseur...
Mais ici, rien de cela. Notre Georges n'est pas un meurtrier ;
du moins pas au premier degré du mot car à l'école,
un de ses compagnons de classe s'est suicidé face au
rejet de son père et à celui du groupe dans lequel
George était particulièrement virulent.

La vie sexuelle et Internet

jeudi 4 août 2011

Anatomie de l'orientation sexuelle



La prise de conscience de l'orientation sexuelle se développe
la plupart du temps à l'adolescence et se poursuit tout au long
de la vie. C'est ainsi, que se stabilise l'orientation sexuelle.
La relation sexuelle pourra valider notre préférence(attirance sexuelle) pour un sexe ou l'autre (garçon ou fille).

Plusieurs facteurs interviennent en ce qui concerne l'attirance sexuelle éprouvée envers une personne, entre autres, le lien qui nous lie à cette personne, sa personnalité, son apparence physique etc...
Ces caractéristiques ne sont pas associées à un genre plus qu'à
un autre. Elle s'applique aussi bien pour un sexe que pour l'autre.

Bien peu de personnes peuvent affirmer à 100 % être
homosexuelles, hétérosexuelles ou bisexuelles.

Le Docteur Alfred Kinsey a créé une échelle, graduée
entre hétérosexualité (0) et homosexualité (6), pour évaluer
les individus en fonction de leurs expériences et leurs réactions
psychologiques.

Les graduations sont :



Dès le très jeune âge, l'enfant commence à développer une image de soi en fonction de sa relation à son environnement immédiat. Blos (1988) différencie deux niveaux. D'une part, il y a l'identité du genre (maleness) qui permet à l'enfant de se dire d'emblée garçon et qui apparaît très tôt, vers la seconde moitié de la deuxième année. D'autre part, on retrouve l'identité sexuelle (masculinity) qu'il définit comme un système endogène de comportements, d'attitudes, de symbolisations et de significations qui se développe avec la maturation sexuelle et la réorganisation psychique à l'adolescence. Il n'en demeure pas moins que l'identité représente une
synthèse et ainsi peut être envisagée d'un point de vue dévelopemental
à la fois en continuité et en rupture des identifications antérieures.



Plusieurs reconnaissent aux garçons une plus grande vulnérabilité dans ce processus. Pour se représenter comme masculin, le garçon doit cesser de s'identifier à la mère, ne plus lui ressembler (Badinter, 1992). Il doit non seulement se séparer d'elle, comme la fillette, mais aussi chasser tout aspect de sa mère en lui (Klein, 1984). Ce rejet des identifications primaires maternelles féminines entraîne tout un travail de deuil (Bégouin-Guignard, 1988), de ruptures (Marcelli, 1989), particulièrement difficile pour le garçon.

De plus, des études démontrent que les hommes sont plus tenus de respecter
les stéréotypes sexuels que les femmes (Klein, 1984), alors même que ces stéréotypes, particulièrement celui de l'homme macho, sont vertement
critiqués depuis une vingtaine d'années (Tremblay, 1989). Violer les
stéréotypes sexuels amène une condamnation sociale et des conséquences psychologiques plus sévères pour les hommes que pour les femmes (Pleck, 1982). Il semble également que la pression des pairs soit encore plus forte
chez les adolescents. Or, si les femmes ont réussi à développer un nouveau modèle sexuel positif (qu'on pourrait résumer comme celui de la femme de carrière qui ne s'en laisse pas imposer), il n'en est pas de même pour les hommes qui continuent à faire face à un modèle masculin dévalorisé,
déchu, blessé (Hurstel et Delaisi de Parseval, 1990).

On reconnaît aux personnes significatives, et en particulier au parent du
même sexe (Blos, 1988; Badinter, 1992) un rôle considérable dans la
formation de l'identité. En ce sens, le père doit conserver une image
positive. Or le garçon doit apprendre d'un père souvent absent,
physiquement ou affectivement (Corneau, 1989). Dans de tels cas,
il connaît son père à travers la vision déformée qu'en livre la mère,
vision déformée par la sourde colère intérieure de se retrouver seule
avec la charge des enfants (Osherson, 1986). Ce type de père, tenu et
se tenant en périphérie de la famille (Osherson, 1986), centré sur le travail,
peu préoccupé par les soins des enfants, représente plus un symbole dans l'imaginaire de l'enfant qu'un pôle réel d'identification positive. Combien d'enfants ont espéré plus d'attention de leur père - ne serait-ce qu'un
sourire, une caresse, une marque d'affection quelconque. Ainsi, trop
souvent les jeunes sont confrontés à une idéalisation trop forte du père
(causée par son absence) ou au contraire à une figuration hyperconcrète
de l'image déchue du paternel ne laissant aucune place à une imitation
ludique (Marcelli, 1989). Cette absence du père est renforcée par la quasi-absence des hommes des soins et de l'éducation des enfants dans
les services tels que garderies, maternelles, écoles primaires, etc.
(Tremblay, 1989).

D'autres considèrent que c'est davantage la qualité ou le style des
interactions du père avec son fils que son absence qui influence la
formation de l'identité (Werrbach, Grotevant et Cooper, 1992). Or,
les études démontrent la pauvreté des relations pères-fils comparées
avec la mère et les amis et amies (Youniss et Smollar, 1985). Le père
est celui le moins choisi par les adolescents pour discuter des sujets qui demandent plus d'ouverture et d'intimité. Les pères sont perçus comme
fermés, jugeurs, ne respectant pas le point de vue de leurs fils. Les fils
se sentent plus distants, plus inconfortables et plus craintifs avec leur père comparativement aux autres personnes importantes de leur vie. Il ne faut
donc pas se surprendre que le père soit le dernier à qui le fils révèle son homosexualité.

Définitions sur l'Homophobie



Homophobie :

Toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d'exclusion
ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques
homosexuels ou perçus comme tels au motif de l'homosexualité

Acte homophobe :

C'est refuser, dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service
à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité
avérée ou supposée. L'agression physique, écrite ou verbale, la
diffamation, à l'égard de personnes, hommes ou femmes, au seul
motif d'une homosexualité vraie ou supposée, l'incitation à la
haine, à la violence ou à la discrimination constituent
des gestes homophobes.

L'homophobie constitue une des manifestations de harcèlement
moral les plus anciennes sur terre.
Elle a atteint son sommet entre les années 1934-1944 dans
l'Allemagne hitlérienne. Les homosexuels masculins firent partie
des premières catégories de détenus à rejoindre les camps.
Les premiers déportés homosexuels ont été internés cinq ans
avant le début de la déportation des Juifs pour des motifs raciaux.
Dachau a accueilli ses premiers détenus homosexuels dès 1934.
Dans leur grande majorité, les lesbiennes déportées dans les
camps l'ont été pour des motifs autres que le délit d'homosexualité.



Voici un tableau des différentes nomenclatures des sujets
déportés à cette époque dans lequel on peut appercevoir
les triangles roses :



Déportés au camp de Sachsenhausen :



Le cas de Karl B. à 26 ans :



Alors qu'il ne se doute de rien, la Gestapo vient l'appréhender chez lui. Plus tard, les fonctionnaires lui apprennent que quelqu'un l'aurait dénoncé pour infraction à l'article 175. Karl B. est mis en détention par la Gestapo.
Quelques jours plus tard, un officier SS le force,
sous la menace d'un revolver, à signer des aveux. Au bout de quelques semaines, sans même qu'il comparaisse devant un tribunal, il est transféré comme "triangle rose" dans le camp de concentration que l'on construit
depuis décembre 1938 à Neuengamme, tout juste à trente kilomètres
à l'est de Hambourg. La castration était alors conçue par les nazis comme
un moyen prophylactique ou thérapeutique pour éradiquer l'homosexualité
ou rééduquer les homosexuels. En 1935, le code pénal est modifié pour
permettre la castration "volontaire" des délinquants sexuels condamnés
au titre du Paragraphe 175. Le 20 mai 1939, le Reichsführer-SS Himmler
autorise la castration forcée.



Les homosexuels masculins étaient affectés dans des proportions considérablement plus élevées aux travaux des Kommandos les
plus pénibles et les plus dangereux, parmi lesquels la carrière et
le rouleau compresseur de Dachau, la carrière de Sachsenhausen,
les excavations de Dora, la carrière de Buchenwald ou les
escouades qui devaient ramasser les bombes intactes
après les raids Alliés sur Hambourg. Jusqu'en 1942, afin de réduire
le nombre de prisonniers, il était usuel que chaque camp envoie à
différents moments un contingent d'une centaine de déportés, ou
davantage, vers les camps d'extermination, où ces derniers étaient
gazés ou tués par injection. Lorsque le doyen [du secrétariat du
camp qui choisissait les futures victimes] était un déporté politique, on a toujours pu constater que la plus grande partie des déportés envoyés à l'extermination était formée, et de loin, de déportés au triangle rose.
Des centaines de milliers d'homosexuels ont péri dans les chambres à gaz.

Vulnérabilité des jeunes gays et lesbiennes et risque de suicide : État de la question et pistes de prévention



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