mardi 3 novembre 2015

La fin dramatique de Matthew Shepard


Le respect de
l'orientation sexuelle
 
 

 
 
 
 
 
 
 

Matthew Shepard était étudiant
à l'Université du Wyoming. Il possédait
une petite stature 5'6", 105 livres mais n'avait
pas besoin de s'imposer physiquement car
il gagnait ses coéquipiers par sa gentillesse.
Voici le dernier profile informatique
que nous possédons de lui :

Il avait une allure de jeune gamin.
Il avait 21 ans quand il est décédé le 12 octobre 1998.
Il a été sauvagement battu par deux garçons
 à l'aide de la crosse d'un 357 Magnum
à Laramie le soir du 6 octobre 1998
parce qu'il était homosexuel.
Voici la dernière route que
Matthew a emprunté avec ses
ravisseurs :


Le traitement que les jeunes
hommes feront subir à Matthew s'apparente
à de la torture :  14 coupures sur le visage,
dont certaines profondes atteignant l'os,
 multiples brûlures sur le corps,
 abandonné attaché à une barrière et laissé pour mort
en dépit des supplications de Matthew :

Pendant 18 heures il a été
laissé à une température proche de zéro
en zone désertique en bordure de la ville.
Par chance un cycliste, Aaron Kreifels,
est passé par là pensant d'abord que Matthew
était un épouvantail attaché à la clôture pour ensuite
réaliser qu'il s'agissait d'un être humain en détresse.
Il nota que la respiration de Matthew était
fort bruyante et pénible lui laissant l'impression
que ses poumons étaient pleins de sang.
Lorsque l'agent de police Reggie Fluty appelée
d'urgence s'est rendue sur les lieux elle tenta de
libérer Matthew de ses liens aux deux
mains. Elle eut beaucoup de difficulté
à couper la corde tellement elle était
serrée.  Elle remarqua qu'une oreille
saignait et que le visage de la victime
était entièrement recouvert de sang à
l'exception des traces de peau lavées par le
passage des larmes sur les joues de Matthew :
“The only white skin I saw (on his face)
was where he had been crying.”
I told him :  “Baby boy, I’m so sorry
this happened to you.”
Arrivé à la Poudre Valley
Hospital à Fort Collins le chirurgien
remarqua que la boîte crânienne
était tellement endommagée que le système
nerveux était compromis dans des fonctions
aussi importantes que le maintien de la
température corporelle, la pulsation cardiaque
et la respiration. À ce moment, le chirurgien
était incapable d'effectuer une intervention
chirurgicale. On intuba Matthew afin
de tenter de maintenir sa respiration et
un drain crânien fut installé afin
de tenter de réduire l'oedème cérébral.
Matthew tint bon le temps que ses
parents arrivent d'urgence d'Arabie
Saoudite où le père de Matthew travaillait alors.
Ses parents se tinrent à son chevet.
Loin de s'améliorer son état
se détériora puis une chute de pression
sanguine eut raison de lui.
Juste après son décès, l'hôpital déclara :
"The family was grateful they did
not have to make a decision regarding
whether or not to continue life support
for their son. Like the good caring son that he was
he was able to remove from them the guilt or
stress of having to make that decision."
Sa mère déclara :
"He came into the world premature
and left the world premature and we
are most grateful for the time we had
to spend with Matthew.
Please tell everybody who is listening
to go home and give your kids a hug and
don't let a day go by without telling them
you that you love them...''
"Il est arrivé dans ce monde prématurément
et il l'a quitté prématurément et nous sommes
reconnaissants pour le temps que nous
avons pu passer avec Matthew.
S'il vous plaît, dites à chaque personne à l'écoute
de retourner à la maison et de donner un câlin
à vos enfants et ne laissez pas passer un
seul jour sans leur dire que vous les aimez..."
 

Il aurait pu vivre longtemps.
Il était intelligent, sensible,
optimiste et studieux.
Il aimait rire et rendre service, il était très doux.
Il était en bonne santé physique et psychologique.
Il était un excellent fils pour ses parents.
Il fut un honnête citoyen. Le soir
où Matthew fut agressé son grand père
désirait le contacter et l'a manqué
de peu. Il fut covoituré par
ses agresseurs qui lui avaient demandé
au bar si il était homosexuel. Ils
avouèrent que Matthew n'a effectué aucune
avance sexuelle durant le trajet. Le
grand père de Matthew a tenté de le rejoindre
plusieurs fois dans la soirée et était inquiet.
Il était très proche de Mathew au point qu'après
avoir aidé ses parents à vider ses effets
personnels dans sa chambre d'étudiant et après
avoir subi les tensions inhérentes aux nombreuses
vigiles et manifestations autour des funérailles de
son petit fils il tomba malade gravement en disant :
"Jamais je n'aurais souhaité survivre à Matthew"
Trois semaine plus tard il décéda lui-même
de peine en se reprochant de ne pas
avoir pu parler au "petit à temps".
Les obsèques de Matthew ont eu lieu
le vendredi 16 octobre 1998. Ce jour là,
le Humain Right Campaign, le plus important
lobby gay américain, a lancé une opération
pour que le maximum de homepages gays
soient noires. Ce mouvement fut suivi
mondialement par de nombreux sites
dédiés aux droits humains
Voici la bannière de l'époque :
 

Voici une des nombreuses
vigiles tenues pendant l'agonie
de Matthew :


Les posters arborent le personal quote que
Matthew avait noté à sa fiche d'identification : "Peace".
Voici les principaux passages du texte
lu par le père de Matthew :

"Au nom de notre fils Matthew Shepard,
nous voulons remercier les citoyens américains
et les gens du monde entier qui ont exprimé
leur grande sympathie et leur soutien à notre
famille pendant ces heures difficiles.
 Une personne aussi attentive et aimante
que Matt aurait été très touchée par ce
que ce drame a produit dans les cœurs
et les âmes des gens dans le monde entier.
Matthew était le genre de personne qui,
si cela était arrivé à quelqu'un d'autre,
aurait été le premier à offrir son aide,
son espoir et son cœur à la famille (...sanglots du père)
Nous ne trouvons pas les mots pour
exprimer notre gratitude pour les milliers
de mails, de réactions, de messages
sur les sites Web, de coups de téléphones
et de cartes que nous avons reçu, apportant
l'aide, la consolation, la sympathie et le soutien.
Nous sommes touchés et émus plus
que nous ne saurions le dire.
Merci de comprendre et de respecter
la demande de la famille de faire
aujourd'hui ses adieux à Matthew
dans l'intimité. Nous avons besoin de lui dire
au revoir dans le calme. Matt lui-même aurait
été le premier à répondre à la demande
de la famille si cela était arrivé à quelqu'un d'autre.
Comprenez que parce que les
dernière minutes de conscience sur
Terre de Matthew ont été un enfer,
sa famille et ses amis veulent plus que jamais
lui dire au revoir d'une manière paisible,
digne et aimante.
Nous n'oublierons jamais l'amour que le monde
a exprimé à notre fils bien aimé."
 

Répression de l'orientation
homosexuelle au quotidien
 
 
 
Dans les pays industrialisés, la répression de l'homosexualité
s'effectue à l'aide du harcèlement moral. Peu de personnes profondément certaines de leur orientation sexuelle font partie des homophobes.
En fait, un homme épanoui et certain de son attirance auprès des femmes porte peu d'attention aux homosexuels qui ne constituent pas pour lui des concurrents potentiels. Il affichera une attitude courtoise et agira envers eux comme il agit envers n'importe quel autre citoyen. Il faut donc prendre conscience que les homophobes font partie d'une catégorie à part. Comme nous l'avons vu des études démontrent que les hommes sont plus tenus de respecter les stéréotypes sexuels que les femmes et que violer les stéréotypes sexuels amène une condamnation sociale et des conséquences psychologiques plus sévères pour les jeunes hommes
que pour les jeunes femmes. La répression de l'homosexualité se manifeste particulièrement lors de l'adolescence alors que des candidats (non profondément certains de leurs orientation sexuelle) exercent une pression sur ceux qui font peur (concernant la sexualité) ou qui risquent de les "entraîner" sur une voie qu'ils appréhendent et tentent d'éviter. Ainsi, les jeunes hommes plus féminins, plus chétifs, moins sportifs sont plus souvent
victimes de railleries, de dénigrement, de violence, d'exclusion et de taxage.
Bell et Weinberg (1978), rapportent un taux de 35% de répondants homosexuels ayant tenté de se suicider. Ils estiment que les jeunes hommes homosexuels sont, à l'âge de 20 ans, 13 fois plus susceptibles que les hommes d'orientation hétérosexuelle de commettre un acte
suicidaire. Bagley et Tremblay, (1997) montrent que les jeunes hommes homosexuels et bisexuels comptent pour 62,5 % des jeunes hommes ayant tenté de se suicider, alors que la population d'orientation homosexuelle ou bisexuelle ne représente que 12,7 % du total. Ils en concluent que les jeunes hommes d'orientation homosexuelle ou bisexuelle de 18 à 27 ans sont presque 14 fois plus à risque de
tenter de se suicider que les jeunes hommes d'orientation hétérosexuelle. Gary Remafedi (1998) arrive à des résultats similaires : les jeunes hommes de 13 à 18 ans qui se déclarent ouvertement homosexuels
ou bisexuels rapportent sept fois plus souvent avoir fait des tentatives de suicide qu'un groupe témoin composé de jeunes hommes hétérosexuels présentant le même profil sociodémographique. 28 % des répondants homosexuels ou bisexuels de cette étude rapportaient avoir fait une tentative de suicide. Une récente enquête du magazine gai québécois RG montre que 44 % des 125 répondants ont songé au suicide et que 26 % rapportent avoir déjà tenté de s'enlever la vie. La répression effectuée par des personnes à orientation bisexuelle ou homosexuelle envers les homosexuels :
La répression active envers les homosexuels peut servir de
couverture à des activités bisexuelles ou homosexuelles cachées ou à des comportements refoulés. Comme nous l'avons déjà exprimé, un homme épanoui dans sa sexualité a peu de tendance à l'afficher, l'imposer, la magnifier et s'offrir en spectacle verbal à tous les jours : il se contente de la vivre
et en est satisfait. Il n'est plus rare de découvrir qu'un homme stéréo typiquement macho affichant des comportement masculins outranciers et une homophobie très ouverte et quotidienne tente ainsi de dissiper tout soupçon sur sa propre orientation sexuelle secrète en tentant constamment de faire la preuve par l'inverse.  Il faut ainsi se méfier des homophobes viscéraux qui mettent tant d'art à nous convaincre qu'ils sont à mille lieux de toute homosexualité.
Une telle énergie déployée quotidiennement risque de cacher une toute autre réalité.
Le cas de Georges :
Georges, un homme marié et père de trois enfants possède
une carrure paléolithique. Sportif et adepte du plein air
c'est un bout en train. Au travail comme à la maison
il démontre des allures masculines très accentuées tant en
paroles que dans les gestes. Il ne manque jamais
l'occasion de siffler au passage d'une belle femme
et s'exclame à chaque apparition d'une femme à la
télévision. Il ne cesse d'effectuer des blagues homophobes
et se moque de tous les hommes délicats ou aux allures
plus féminines. Il ne craint pas de qualifier, dénoncer, intimider tous ceux qu'il perçoit potentiellement homosexuels et pour ce cas, on dirait qu'il possède un second sens. Il dévore les pages sportives du journal et s'abonne à une revue de type "playboy".  C'est un amateur de lutte et de boxe. Trois semaines par année il se retrouve exclusivement entre hommes (deux semaines de chasse à l'automne et une
semaine de pêche durant l'été). Il exprime très bien son besoin de se retrouver en pleine nature, loin de la civilisation
pour refaire son énergie. Son épouse sent bien
que l'accompagner lors de ces défoulements dans la nature
serait impossible et qu'elle ferait face à un refus catégorique
de sa part. Elle respecte donc les besoins de son homme.
De plus elle est sans inquiétude de le voir partir chaque
année avec Gilbert, un homme très masculin, père de quatre enfants et un ami de Georges depuis l'enfance. Ils sont
tellement semblables qu'on dirait deux frères.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
jusqu'au jour où un ami de bureau va rejoindre
Georges pour une visite à l'improviste au camp de
chasse. À son retour il a contacté l'épouse de Georges
pour lui faire part de son inquiétude face à des
comportements "étranges" constatés entre Georges et
Gilbert. Il n'est demeuré que deux jours mais il
semble bouleversé, indécis et met en garde l'épouse
de Georges de jeter un œil plus attentif au comportement
de son homme. Au retour de Georges, son épouse lui demande ce qui se passe entre lui et Gilbert. Georges esquive d'abord les questions et finira par avouer qu'il s'amuse avec Gilbert ("mais rien de conséquent... juste des jeux entre gars pour se faire un peu de plaisir"... "Il ne faut pas croire tout ce qu'André te dira...".) L'univers de l'épouse de Georges s'écroule en apprenant que son mari a en fait
un comportement bisexuel ; et ce depuis des années.
Analysons maintenant de plus près la liste
des victimes psychologiques de Georges :
  • Plusieurs copains de classe qu'il humiliait et molestait.
  • Un beau frère qui faisait les frais de ses soupçons, de ses remarques répétées et de ses blagues les plus savoureuses.
  • Un cadre au bureau harcelé jusqu'au burnout et qui fut muté dans un autre département face au rejet du groupe en partie orchestré par Georges.
  • Un voisin homosexuel qu'il invective de temps en temps
  • Son épouse trompée
  • Son fils adolescent qu'il critique et infantilise.
On n'a jamais effectué le décompte exacte des victimes de Georges mais son homophobie viscérale possédait de profondes racines liées à des mécanismes psychologiques de survie et d'évitement car dans les faits, Georges a toute sa vie, été incapable de faire
face à lui-même. Dans la tête de son épouse tout se bouscule :
qu'admirait-il chez ses boxeurs et ses lutteurs favoris, qu'est-ce qui attirait Georges dans les pages sportives du journal, pourquoi sifflait-il les femmes en dépit du malaise qu'elle lui avait verbalisé lorsque Georges affichait un tel comportement? Qu'avait-il a trouver et dénicher des manques constants de virilité chez son fils (comme si il s'attendait à ce que son fils soit homosexuel). 
En fait, toute sa vie Georges a maltraité d'autres hommes pour un problème qui était le sien. Pour son incapacité à comprendre, à accepter et à maîtriser certaines de ses
pulsions sexuelles. Malheureusement Georges n'est pas seul. On est même allé jusqu'à constater d'étranges accidents de chasse lorsque des hommes se retrouvaient piégés dans des invitations à la chasse qui tournaient au vinaigre : ici un neveu de 24 ans décédé étrangement, là un confrère chasseur... Mais ici, rien de cela. Notre Georges n'est pas un meurtrier; du moins pas au premier degré du mot car à l'école, un de ses compagnons de classe s'est suicidé face au rejet de son père et à celui du groupe dans lequel George était particulièrement virulent.
Voici quelques liens utiles :

Répression de l'orientation homosexuelle dans le monde




 
 
   
Dans le monde entier, des personnes homosexuelles sont incarcérées en vertu de lois qui s’immiscent dans la vie privée et qui criminalisent jusqu’au baiser. On les soumet à la torture pour obtenir des aveux de « déviance » ou on les viole pour les 
« guérir ». Elles sont abattues par des escouades de la mort dans des sociétés qui les tiennent pour des éléments indésirables.
Les manifestations et le visage de la violence varient énormément.La vulnérabilité des homosexuel(le)s à la violence dépend aussi de facteurs comme le sexe, l’origine ethnique et le statut économique, lesquels influent
sur l’accès des victimes à la justice.Presque partout dans le monde, les vies des personnes homosexuelles
sont encadrées par un ensemble de lois et de pratiques sociales leur interdisant un droit égal à la vie, à la liberté et à la sécurité physique ainsi qu’à d’autres droits fondamentaux tels que la liberté d’association, la liberté d’expression, le droit à la vie privée, à un emploi, à une éducation et à des soins de santé. Si le degré d’institutionnalisation de la discrimination varie d’un pays à l’autre, les personnes homosexuelles ne sont égales presque nulle part devant la loi. Certains pays islamiques punissent l'homosexualité par l'empalement jusqu'à ce que mort s'en suive. On insère un pieux pointu dans l'anus de l'accusé dénudé et on érige le pieux lors d'une exécution publique. Le sang s'écoule le long de la perche de bois et la victime glisse lentement sous l'effet de son poids jusqu'à ce que la perche ressorte la plupart du temps au niveau de la région claviculaire près du cou en ayant traversé l'abdomen. La victime finit par perdre conscience de douleur et victime d'un déchirement des principaux organes vitaux puis meurt. La foule se disperse peu à peu et la dépouille est laissée à titre exemplaire comme un pantin désarticulé sur la place publique. Lundi le 20 janvier 2003,  des inconnus armés ont mené une véritable descente dans un sauna fréquenté par des homosexuels  du Cap en Afrique du Sud, exécutant huit personnes et blessant grièvement deux autres. La plupart des victimes ont été ligotées et abattues à bout portant. Certaines ont aussi été égorgées, a précisé le capitaine Etienne Terblanche. Lorsque nous sommes arrivés, les blessés rampaient sur le sol",a dit le policier qui a ajouté qu'il y avait "du sang partout".

Au Québec, voici la liste des citoyens qui ont
été assassinés suite à des attaques homophobes de 1989 à 1996 :


Année Victime et âge Circonstances du crime
1989 Joseph Rose,
16 ans
Poignardé dans un autobusde la STCUM par un gang de jeunes
1989 Richard Gallant,
 28 ans
Tué dans un logement près du Village Gay de Montréal
1990 Brian Both,
53 ans
Assassiné dans un hôtel du centre-ville de Montréal
1990 Yong Sua Mok,
26 ans
Assassiné dans son appartement du centre-ville de Montréal
1991 Robert Assaly,
59 ans
Tué dans son appartement
1991 Normand Gareau, 44 ans Battu à mort dans son appartement
1991 Marc Bellerive,
33 ans
Égorgé dans le Parc Maisonneuve
1991 Pierre-Yvon Croft, 48 ans Tué dans le Parc Jarry
1991 Garfield Walker,
30 ans
Assassiné
1992 Yves Lalonde, 51 ans Battus à mort par un gang de jeunes dont trois mineurs...
1992 Daniel Lacombe,
 37 ans
Battu à mort dans une halte routière près de Joliette
1993 Michel Hogue,
42 ans
Poignardé dans son appartement à Laval
1993 Robert Painchaud, 36 ans Assassiné dans son appartement
1993 Warren Eling,
53 ans
Tué dans son appartement
1993 Harry Nolan,
57 ans
Assassiné dans son appartement à Laval
1994 Luc Dubois Détails non connus
1995 Richard Niquette,
44 ans
Assassiné chez son agresseur
1995 André Lafleur,
53 ans
Tué dans son appartement
1995 Michel Charron,
48 ans
Assassiné dans son appartement
1996 Réal Halde, 54 ans Tué dans son appartement
1996 Normand Trudel,
45 ans
Assassiné dans son appartement
À cette liste, il faut ajouter (en se fiant à une affiche du projet Dire Enfin la Violence datant de 1995 ou 1996): Jacques Bergeron, André Caya, Pierre Cyr, Mario Desrosiers, Gaétand Éthier, Rolland Gagné, Josaphat Lavoie, Robert Lemay, Tranh Tung Luong, Roland Mongeau, Gaétand Poliquin, Annie Streitcher, Robert T Stephen, John Tompkins, et Robert Tuffs.  


Anatomie de l'orientation sexuelle
 
La prise de conscience de l'orientation sexuelle se développe
la plupart du temps à l'adolescence et se poursuit tout au long de la vie. C'est ainsi, que se stabilise l'orientation sexuelle. La relation sexuelle pourra valider notre préférence
(attirance sexuelle) pour un sexe ou l'autre (garçon ou fille).
 


Plusieurs facteurs interviennent en ce qui concerne l'attirance sexuelle éprouvée envers une personne, entre autres, le lien qui nous lie à cette personne, sa personnalité, son apparence physique etc...
Ces caractéristiques ne sont pas associées à un genre plus qu'à un autre.  Elle s'applique aussi bien pour un sexe que pour l'autre. Bien peu de personnes peuvent affirmer 
à 100 % être homosexuelles, hétérosexuelles ou bisexuelles.
Le Docteur Alfred Kinsey a créé une échelle, graduée
entre hétérosexualité (0) et homosexualité (6), pour évaluer
les individus en fonction de leurs expériences et leurs réactions psychologiques.
Les graduations sont : 
 
0
Entièrement hétérosexuel(le)
1
Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)
2
Prédominance hétérosexuelle, avec un «passé» homosexuel bien distinct
3
Également hétérosexuel(le) et homosexuel(le)
4
Prédominance homosexuelle, avec un «passé» hétérosexuel bien distinct
5
Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel(le)
Entièrement homosexuel(le)

  Dès le très jeune âge, l'enfant commence à développer une image de soi en fonction de sa relation à son environnement immédiat. Blos (1988) différencie deux niveaux. D'une part, il y a l'identité du genre (maleness) qui permet à l'enfant de se dire d'emblée garçon et qui apparaît très tôt, vers
la seconde moitié de la deuxième année. D'autre part, on retrouve l'identité sexuelle (masculinity) qu'il définit comme un système endogène de comportements, d'attitudes, de symbolisations et de significations qui se développe avec la maturation sexuelle et la réorganisation psychique à l'adolescence. Il n'en demeure pas moins que l'identité représente une synthèse et ainsi peut être envisagée d'un point de vue développemental à la fois en continuité et en rupture des identifications antérieures.

Plusieurs reconnaissent aux garçons une plus grande vulnérabilité dans ce processus. Pour se représenter comme masculin, le garçon doit cesser de s'identifier à la mère, ne plus lui ressembler (Badinter, 1992). Il doit non seulement se séparer d'elle, comme la fillette, mais aussi chasser tout aspect de sa mère en lui (Klein, 1984). Ce rejet des identifications primaires maternelles féminines entraîne tout un travail de deuil (Bégouin-Guignard, 1988), de ruptures (Marcelli, 1989), particulièrement difficile pour le garçon.
De plus, des études démontrent que les hommes sont plus tenus de respecter les stéréotypes sexuels que les femmes (Klein, 1984), alors même que ces stéréotypes, particulièrement celui de l'homme macho, sont vertement
critiqués depuis une vingtaine d'années (Tremblay, 1989). Violer les stéréotypes sexuels amène une condamnation sociale et des conséquences psychologiques plus sévères pour les hommes que pour les femmes (Pleck, 1982). Il semble également que la pression des pairs soit encore plus forte chez les adolescents. Or, si les femmes ont réussi à développer un nouveau modèle sexuel positif (qu'on pourrait résumer comme celui de la femme de carrière qui ne s'en laisse pas imposer), il n'en est pas de même pour les hommes qui continuent à faire face à un modèle masculin dévalorisé,déchu, blessé (Hurstel et Delaisi de Parseval, 1990). On reconnaît aux personnes significatives, et en particulier au parent du même sexe (Blos, 1988; Badinter, 1992) un rôle considérable dans la formation de l'identité. En ce sens, le père doit conserver une image positive. Or le garçon doit apprendre d'un père souvent absent,
physiquement ou affectivement (Corneau, 1989). Dans de tels cas,il connaît son père à travers la vision déformée qu'en livre la mère,vision déformée par la sourde colère intérieure de se retrouver seule avec la charge des enfants (Osherson, 1986). Ce type de père, tenu et se tenant en périphérie de la famille (Osherson, 1986), centré sur le travail,
peu préoccupé par les soins des enfants, représente plus un symbole dans l'imaginaire de l'enfant qu'un pôle réel d'identification positive. Combien d'enfants ont espéré plus d'attention de leur père - ne serait-ce qu'un
sourire, une caresse, une marque d'affection quelconque. Ainsi, trop souvent les jeunes sont confrontés à une idéalisation trop forte du père (causée par son absence) ou au contraire à une figuration hyperconcrète
de l'image déchue du paternel ne laissant aucune place à une imitation ludique (Marcelli, 1989). Cette absence du père est renforcée par la quasi-absence des hommes des soins et de l'éducation des enfants dans les services tels que garderies, maternelles, écoles primaires, etc.
(Tremblay, 1989).
D'autres considèrent que c'est davantage la qualité ou le style des interactions du père avec son fils que son absence qui influence la formation de l'identité (Werrbach, Grotevant et Cooper, 1992). Or,les études démontrent la pauvreté des relations pères-fils comparées avec la mère et les amis et amies (Youniss et Smollar, 1985). Le père est celui le moins choisi par les adolescents pour discuter des sujets qui demandent plus d'ouverture et d'intimité. Les pères sont perçus comme fermés, jugeurs, ne respectant pas le point de vue de leurs fils. Les fils se sentent plus distants, plus inconfortables et plus craintifs avec leur père comparativement aux autres personnes importantes de leur vie. Il ne faut donc pas se surprendre que le père soit le dernier à qui le fils révèle son homosexualité.

Définition de l'Homophobie

Homophobie :
Toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d'exclusion ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels au motif de l'homosexualité
Acte homophobe :
C'est refuser, dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité avérée ou supposée. L'agression physique, écrite ou verbale, la diffamation, à l'égard de personnes, hommes ou femmes, au seul motif d'une homosexualité vraie ou supposée, l'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination constituent des gestes homophobes.
L'homophobie constitue une des manifestations de harcèlement moral les plus anciennes sur terre.
Elle a atteint son sommet entre les années 1934-1944 dans
l'Allemagne hitlérienne. Les homosexuels masculins firent partie des premières catégories de détenus à rejoindre les camps. Les premiers déportés homosexuels ont été internés cinq ans avant le début de la déportation des Juifs pour des motifs raciaux.
Dachau a accueilli ses premiers détenus homosexuels dès 1934.Dans leur grande majorité, les lesbiennes déportées dans les camps l'ont été pour des motifs autres que le délit d'homosexualité.
 

Voici un tableau des différentes nomenclatures des sujets
déportés à cette époque dans lequel on peut appercevoir
les triangles roses :

Déportés au camp de Sachsenhausen :

Le cas de Karl B. à 26 ans :

Alors qu'il ne se doute de rien, la Gestapo vient l'appréhender chez lui. Plus tard, les fonctionnaires lui apprennent que quelqu'un l'aurait dénoncé pour infraction à l'article 175. Karl B. est mis en détention par la Gestapo.
Quelques jours plus  tard, un officier SS le force,
sous la menace d'un revolver, à signer des aveux. Au bout de quelques semaines, sans même qu'il comparaisse devant un tribunal, il est transféré comme "triangle rose" dans le camp de concentration que l'on construit
depuis décembre 1938 à Neuengamme, tout juste à trente kilomètres à l'est de Hambourg. La castration était alors conçue par les nazis comme un moyen prophylactique ou thérapeutique pour éradiquer l'homosexualité
ou rééduquer les homosexuels. En 1935, le code pénal est modifié pour permettre la castration "volontaire" des délinquants sexuels condamnés au titre du Paragraphe 175. Le 20 mai 1939, le Reichsführer-SS Himmler
autorise la castration forcée.

Les homosexuels masculins étaient affectés dans des proportions considérablement plus élevées aux travaux des Kommandos les plus pénibles et les plus dangereux, parmi lesquels la carrière et le rouleau compresseur de Dachau, la carrière de Sachsenhausen, les excavations de Dora, la carrière de Buchenwald ou les escouades qui devaient ramasser les bombes intactes après les raids Alliés sur Hambourg. Jusqu'en 1942, afin de réduire le nombre de prisonniers, il était usuel que chaque camp envoie à différents moments un contingent d'une centaine de déportés, ou davantage, vers les camps d'extermination, où ces derniers étaient gazés ou tués par injection. Lorsque le doyen [du secrétariat du camp qui choisissait les futures victimes] était un déporté politique, on a toujours pu constater que la plus grande partie des déportés envoyés à l'extermination était formée, et de loin, de déportés au triangle rose.Des centaines de milliers d'homosexuels ont péri dans les chambres à gaz.

 

jeudi 17 septembre 2015